" j'ai du mal à avancer aujourd'hui.
Ce ne sont plus des sentiments de tristesse que je ressent mais il existe en moi comme un grand vide que demain je vais m'empresser de combler auprès de mes malades.
Il est très désobligeant de devoir trouver des preuves pour prouver mon existance auprès de vous.
je l'ai fait au tout début de notre correspondance pour toi, pour que tu arrêtes de douter.
Je n'ai eu qu'un seul mot à écrire pour que tu sois complètement convaincue de mon identité.
Lorsque je repense à ce jour là, des larmes imaginaires viennent noyer l'image que j'ai de toi.
Tu étais tellement désemparée par ma mort que tu as pensé être devenur folle.
Seulement, tu ne pouvais pas nier ce qu'il se passait dans ton corps, dans ton bras, dans ta main que je retenais prisonnière afin de te délivrer mon premier message.
Ce sont les deux mots qui me rendaient le plus heureux à cette époque là : JE RESPIRE
Je ne connais pas de mots qui puisse rivaliser de joliesse.
Pour moi, " respire " = " paradis ". C'est aussi simple que ça.
Depuis tous ces mois que je te racontes mes envies, mes espoirs, mes combats, mon paradis, j'ai pu me libérer du poid de la vie et cela n'a pas de prix. "